Dans chaque quartier ou grande ville du Cameroun, il est impossible de passer à côté d’un stand de restauration rapide, souvent appelé « mpèlè-makala » ou « beignetariat ». Ces lieux proposent principalement le célèbre Beignet Haricot (BHB), un plat qui est devenu un symbole culinaire et social du pays. Si le BHB est si emblématique, c’est parce qu’il suscite un vif engouement chez les Camerounais, étant un incontournable de leurs habitudes alimentaires.
Considéré comme la « star du petit déjeuner », le BHB rassemble toutes les générations, transcendant les différences d’âge, de classe sociale ou d’ethnie. Sa popularité dépasse même les frontières du Cameroun : dans toute l’Afrique noire, les beignets occupent une place prépondérante dans la cuisine locale. Que ce soit en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Mali, au Ghana, au Nigeria ou au Cameroun, ces petites boules dorées, faites de farine, de sucre et de sel, sont un en-cas apprécié, souvent acheté chez les vendeuses de grillades dans les quartiers ou au bord des routes.
Les beignets se distinguent par leur croûte croustillante et leur intérieur moelleux. Ils se dégustent souvent avec du sucre, du piment ou, plus traditionnellement, avec du haricot, un ingrédient riche et nutritif. La recette, soigneusement élaborée, constitue un véritable patrimoine culinaire, une tradition vieille de plus de 50 ans, qui a su évoluer pour s’inviter désormais dans les restaurants et hôtels haut de gamme.
Cependant, cette popularité n’est pas exempte de controverses. Récemment, le biologiste-thérapeute Dr Polain Nzobeuh a lancé une polémique en affirmant que la recette du Beignet Haricot Bouilli (BHB) serait « le repas le plus toxique d’Afrique » en raison du raffinage des ingrédients tels que la farine et le sucre, qui pourraient entraîner des carences et des risques pour la santé. Il a également souligné que ces ingrédients, principalement importés, représentent une perte annuelle de 11,1 milliards de FCFA en devises pour le pays, en 2022 seulement.
Malgré ces critiques, le BHB demeure une solution accessible et économique pour se rassasier rapidement. Il constitue une véritable tradition, un moyen simple et efficace de tenir toute la journée, surtout pour ceux qui n’ont pas les moyens ou le temps de déjeuner ailleurs. Consommer ce plat avec modération ou varier ses petits-déjeuners reste la meilleure option, mais l’idée de le bannir complètement semble presque impossible tant il fait partie intégrante de la culture camerounaise.
En définitive, le BHB, plus qu’un simple plat, est un symbole de convivialité, de tradition et d’identité nationale, apprécié par toutes les couches sociales et tous les horizons.
